LES MATERIAUX

 

Une canne à mouche est constitué sur la base du "blank", lequel est complété (avec anneaux, poignée, porte moulinet, accroche mouche) et vernis pour aboutir à l'objet final.

Sans oublier que la pêche à la mouche a des racines plus anciennes encore, les principaux matériaux utilisés depuis le XIXème siècle pour les cannes à mouches sont, par ordre d'apparition:

- le bambou refendu

- la fibre de verre

- la fibre de carbone


Tous ces matériaux se caractérisent par une constitution fibreuse, avec notamment des fibres longitudinales parcourant la canne, et donnant la puissance permettant de transmettre l'énergie du lancer à la soie qui propulsera finalement le bas de ligne puis la mouche.

Le XXème siècle a vu  après la deuxième guerre mondiale l’avènement de la fibre de verre, moins chère que le bambou refendu, et résistante.

 

Puis ce fut les cannes en carbone (ou graphite, c'est la même chose) qui ont fini par occuper quasiment tout le marché de la vente de cannes  mouches. Leur constitution en fibre de carbone leur conférant un faible poids, des propriétés mécaniques exceptionnelles, et un prix variant du très raisonnable au très coûteux. 

Une canne en carbone est constitué d'une mince nappe de fibre de carbone, enroulée sur un gabarit et comprimée, et associée à des résines. La nappe est principalement constituée de fibre longitudinales, mais également de fibres transversales ou biaises modifiant l'action et ajoutant de la résistance à la canne. La notion de module se réfère à la résistance de la nappe principale à la flexion.

Les années 2000-2010 ont vu la production de cannes d'action très rapide (voir ci-dessous), qui permettent la réalisation de lancers très longs. Toutefois il apparaît que les actions plus douces restent intéressantes et reviennent en force, que ce soit pour leur qualité de travail qui donne plus de sensations de lancer, ou pour leur souplesse qui limité les décrochés et donne de la sensibilité en pêche sous l'eau.

 

De même, les cannes en bambou refendu trouvent leurs inconditionnels. Même la fibre de verre revient sur le marché de l'ancien et du moderne. Ce maintien et ce retour s'expliquent tant par l'aspect collection et "vintage" que par la qualité spécifique de ces matériaux, ou encore par la possibilité de montage artisanal.

Au delà des passionnés, tout pêcheur pourra posséder au moins une canne en bambou ou fibre de verre pour bénéficier notamment de sensations au combat dès les poissons de taille modeste, pour le plaisir esthétique, ou encore pour  limiter le risque d'attirer la foudre par temps orageux, ce qui peut sauver une partie de pêche en montagne (on peut toujours être foudroyé avec un bout de bois à la main, mais j'ai déjà vu la foudre tomber à moins de 20m de moi au bord d'un lac de montagne, canne en bambou à la main...c'est sûr ça réveille!)

 

LES ACTIONS

La canne sert avant tout à propulser sa mouche à l’endroit souhaité et elle se doit donc de répondre avec précision à nos sollicitations. C’est en quelque sorte le prolongement de notre bras et c’est son action qui devra être en harmonie avec votre type de pêche et votre tempérament.

Il existe 3 grands types d’action :

  • Les actions paraboliques (ou lentes)
  • les actions progressives (ou intermédiaires ou semi paraboliques),
  • les actions rapides ou de pointe.

Les cannes d'action parabolique ou lente se courbent dès la base de la canne. Elles nécessitent de respecter un "timing" de lancer régulier, et des temps d'arrêt permettant le travail de la canne. Ces actions "anciennes" sont surtout adaptées aux pêches à courte distance, et à l'apprentissage du rythme de lancer.

Les cannes rapides ou de pointe se courbent principalement sur l’extrémité supérieure du scion. Ce sont les cannes "modernes", pour lesquelles les lancers énergiques et à rythme rapides sont adaptés. Elles permettent de former de boucles étroites, précises et perçant le vent.

Entre ces deux extrêmes, tous les intermédiaires existent, utiles en fonction du pêcheur et de la situation.

LA PUISSANCE

Cette valeur à une très grande importance et elle indique le ou les numéros de soie que la canne est capable de lancer efficacement.

En règle générale, on trouve soit un seul numéro soit une fourchette de numéros comme par exemple #5-6 ou #4-5. Dans ce dernier cas, le premier chiffre fait référence au profil de soie DT, et le second chiffre au profil de soie WF que peut supporter la canne.


Plus la soie est lourde, plus on pourra lancer loin et avec de grosses mouches,mais cela se fait au détriment du confort, des sensations et de la discrétion.

Pour la truite, une canne pouvant propulser un numéro 5 sera un bon compromis et pourra s’adapter un peu partout.  

En dessous, on est dans le domaine des pêches fines en rivière.

Au dessus, on entre dans le domaine de la grande rivière ou du réservoir, ainsi que des techniques spécifiques (mer, carnassier, saumon, etc.)


Même si une tolérance existe en fonction des cannes et des usages, il est recommandé dans le cas général de respecter les inscriptions portées sur la canne pour les numéros de soie, car une canne surchargée par un numéro supérieur à celui préconisé rendrait votre lancer imprécis, et ce serait tout aussi mauvais à l’inverse avec un numéro de soie inférieur à celui préconisé. 

 

LA LONGUEUR

La longueur d’une canne à mouche est toujours indiquée en pieds. C’est une mesure anglaise dont l’unité correspond à 30cm environ (30,48 centimètres très exactement!) 
Pour les plus jeunes, on débutera de préférence avec une canne de 8' ½ (environ 2,60 mètres) pour une soie de 5, qui constitue une canne très polyvalente et agréable à manier.

Pour un adulte et la pêche en sèche en rivière moyenne, une canne de 9' portant également une soie de 5 constitue la canne standard polyvalente.

Pour la pêche en nymphe une longueur plus importante, 10' ou 11', est maintenant la norme pour obtenir un meilleur contrôle de la dérive.

Les cannes de 8' et moins sont réservées aux rivières encombrées, ou aux matériaux autres que le carbone.


LE NOMBRE DE BRINS

Le standard récent est constitué de cannes multibrins (principalement 4 brins), qui facilitent considérablement le transport et le stockage.


LA POIGNEE

La poignée de la canne peut être de forme demi-cigare ou tulipe. 

La forme demi-cigare,plus fine, est adaptée aux cannes de puissance inférieure ou égale à 5. Au delà la forme tulipe est plus adaptée.

La forme de la poignée a un impact différent selon que l'on pêche avec l'index ou le pouce opposé  la main.


LE POIDS

La fatigue augmente considérablement en fonction du poids de l'ensemble canne - moulinet.

Une canne de type « truite » de 9 pieds ne devrait pas dépasser les 90 grammes et 100 grammes pour une 10 pieds (respectivement 70g et 80g pour les moins lourdes du marché!).